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Les lignes à haute et très haute tension (HT-THT) ont–elles un effet sur la santé et l’environnement ? Afin de faire le point sur les connaissances actuelles en ce domaine, l’Office parlementaire d’évaluation des choix scientifiques et technologiques (OPECST) a interrogé des industriels, experts et chercheurs et a publié le compte rendu de cette audition publique le 31 mars 2009.
On estime que 360 000 Français vivent aujourd’hui à proximité de ces lignes électriques. En mesurer l’impact sur leur santé est délicat : les études de cas-témoins, lourdes à mettre en place, posent le problème du caractère représentatif des échantillons. Existe-t-il un lien de causalité entre les HT-THT et le risque accru de leucémies infantiles, l’altération de la fonction reproductive de l’homme et des animaux ? Les troubles du sommeil, le stress ou la nervosité accrue dont se plaignent les personnes exposées aux HT-THT sont-ils les signes d’un risque sanitaire physique ou le résultat d’un effet "nocebo" (l’inverse de l’effet placebo) ? Invités à faire le point sur les expertises nationale et internationale consacrées aux effets des champs électromagnétiques, les différents intervenants reconnaissent des "zones d’incertitude" et rappellent que le principe de précautionPrincipe de précautionPrincipe selon lequel l’absence de certitudes, compte tenu des connaissances scientifiques et techniques du moment, ne doit pas retarder l’adoption de mesures effectives et proportionnées visant à prévenir un risque dans les domaines de l’environnement, de la santé ou de l’alimentation. doit être pris en compte.
http://www.vie-publique.fr/actualite/alaune/lignes-haute-tension-prudence-doit-primer.html#
La question de la santé publique :
Vivre à proximité des lignes de haute tension (HT) et de très haute tension (THT) est-il nocif pour la santé humaine et animale ou pas ? 200 000 personnes vivent à proximité de 100 000 kilomètres de lignes dont la moitié est à très haute tension (400.000 volts) générant des champs électromagnétiques basse fréquence (50 hertz). Comme nous allons le lire, les réponses ne sont pas tranchées et ont donc pour effet d’entretenir le doute. Des tas d’études, enquêtes, sondages, recommandations, auditions, rapports etc., existent. Examinons les plus récents ou significatifs. Le CRIIREM (Centre de Recherche et d’Information Indépendantes sur les Rayonnements électromagnétiques) vient de rendre public une enquête, menée en 2008, auprès de 2 868 personnes demeurant à proximité de la ligne THT de Normandie. Les résultats disent que 50% d’entre elles font état d’irritabilité, 51% de perturbation du sommeil, 43% de maux de tête, 18,1% de vertiges, 15,8% d’état dépressif, 74% des nuisances visuelles et sonores. Par ailleurs la moitié des exploitations laitières concernées présentent des problèmes de production liés au stress, à la perte de poids et de croissance des vaches. Enfin des perturbations électriques ont dans un rayon de 300 mètres autour des lignes. L’enquête conclut à « une dégradation significative des conditions de vie et de travail à proximité des lignes THT... qu’il n’est plus acceptable de nier. » En effet, le CRIIREM refuse de cantonner les problèmes de santé aux seuls cancers et leucémies. Il considère que le stress, les perturbations sonores et du sommeil, les états dépressifs, les maux de tête etc., relèvent aussi de la santé publique. Il en appelle également au principe de précaution, l’oublié des « études officielles ». RTE (Réseau de Transport d’Electricité) reconnaît, dans un communiqué du 28 janvier 2009, la légitimité des préoccupations des riverains des lignes électriques quant aux effets sur la santé. Or, selon lui, toutes les études et expertises menées depuis plus de 30 ans, n’ont jamais révélé d’effets sur la santé liés aux expositions aux champs magnétiques à très basse fréquence. Ce que confirme l’AFSSET (Agence Française de sécurité Sanitaire de l’Environnement et du Travail). A cet effet RTE et l’AMF (Association des Maires de France) viennent de signer une convention que nous publierons dans notre prochain numéro, dans laquelle « la proximité des tiers à proximité des lignes HT et THT » est prévue. Par ailleurs, RTE va mettre à disposition des maires un nouveau dispositif pour faire mesurer les champs magnétiques à proximité des lignes THT par des laboratoires agréés. L’OMS (Organisation Mondiale de la Santé) qui se penche sur la question depuis 1970 affirme que « aucun mécanisme biophysique accepté laisse à penser que les expositions à faible intensité jouent un rôle dans le développement d’un cancer ou d’une leucémie. » Cela dit l’OMS recommande par précaution :
la promotion de programmes de recherche par les pouvoirs publics pour réduire l’incertitude qui entoure les effets sanitaires de l’exposition aux champs électromagnétiques ;
la mise en place de programmes de communication « grand public » qui effectivement fait défaut ;
l’exploration de toutes méthodes permettant de réduire les expositions lors de construction de toutes nouvelles lignes. Une résolution du Parlement européen du 4 septembre 2008 demande à ce que soit revu à la baisse les valeurs limites d’exposition aux champs électromagnétiques recommandée. Une règlementation impose que la valeur actuelle de 3,75 micro Teslas pour les extrêmement basses fréquences ne soit pas dépassée. Tous ces avis ont fait l’objet d’une audition publique le 29 janvier 2009 à l’initiative de l’’office parlementaire d’évaluation des choix scientifiques et technologiques et du sénateur Daniel Raoul qui en a conclu qu’il est nécessaire de poursuivre les recherches et l’information du public, étant difficile de nier « l’existence d’un malaise chez les riverains des lignes HT et THT ». Nous y reviendrons dès publication de cette audition.
http://www.laterre.fr/article.php3?id_article=513